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La Bibliothèque

Ouverte en dehors des vacances scolaires le mercredi de 13h30 à 19h00, le vendredi de 17h00 à 19h00 et le samedi de 14h00 à 18h00.

Heure du Conte: le dernier samedi de chaque mois à 16h00.

La Bibliothèque municipale de Buchelay redonne à la lecture et à l’écriture toutes leurs lettres de noblesse en vous proposant un large éventail de livres, de revues, de documents et de CD. Elle propose organise de nombreuses animations tout au long de l’année et elle participe activement à de nombreuses manifestations culturelles.

Club de lecture

La Bibliothèque abrite également le Club de lecture, qui réunit chaque mois les passionnés des mots et du partage des idées et qui publie chaque semestre la « Buchelettre », également disponible sur le site de Buchelay.

Ecrire @ Buchelay

Un sujet, une contrainte, un temps défini et les neurones scintillent, imagination ou souvenirs entrent dans la danse. Textes courts, petites nouvelles, haïku, poèmes ou proses… qui seront lus en fin d’atelier sans jugement de valeur.

Venez partager avec Ecrire @ Buchelay, le voyage au pays des mots ! Tous les lundis (hormis les congés scolaires), de 14h à 16h à la bibliothèque de Buchelay.

Voici nos textes au fil des séances…

L'Ecritoire, c'est tous les lundis après-midi, à la bibliothèque municipale, route de Mantes.

Lundi 9 décembre 2013 : aphorismes - Travail collectif

En Suisse, les femmes chimistes n’aiment pas le naturisme, il faut toujours qu’elles vêtent les corps nus.

Les cordonniers sont souvent mal chaussés et ont parfois une mauvaise alène.

L’élection d’un nouveau Pape désoriente les Cardinaux.

Il n’est jamais agréable d’apprendre que l’on est batard, surtout si l’on est boulanger.

Les curés de campagne adorent le pâté de foi.

Dans les Monts de l’Oural même les cols causent.

Nul besoin de franchir l’Himalaya pour se hausser du col

Quand un bûcheron a fini son boulot on le paie avec un billet un peu plié.

Le collectionneur qui veut maigrir vend ses Botero et achète des Giacometti

Faire amande honorable c’est plonger les mains dans la frangipane.

En ce qui concerne l’Amour, les acteurs du X en connaissent un rayon.

Avoir une idée derrière la tête c’est préparer la vie devant soi.

Du tam tam à Facebook, quand nous parlerons nous ?

Les concubins ne sont pas forcément des imbéciles de La Havane

Lundi 2 décembre 2013 - Hommage à Bashung

Choisir une douzaine de titres de chansons parmi une quarantaine de titres proposés et donner la liste à un voisin qui choisira une chanson supplémentaire comme titre d’un texte incluant obligatoirement les titres choisis initialement.

Titres proposés : A Ostende - A perte de vue - Après d'âpres hostilités - Aucun express - C'est comment qu'on freine - Comme un légo - Il voyage en solitaire - J’avais un pense-bête - J’passe pour une caravane - Je fume pour oublier que tu bois - Je t'ai manqué - L’apiculteur - Le secret des banquises - Les grands voyageurs - Les petits enfants - Ma petite entreprise - Madame rêve – Malaxe - Milliards de nuits dans le frigo - Osez Joséphine – Pyromane - La nuit je mens - Résidents de la République - Sommes-nous - Sur un trapèze - Tant de nuits - Toujours sur la ligne blanche - Un âne plane – Vénus - Vertige de l'amour - Mes prisons - L'arrivée du Tour - Je tuerai la pianiste - J'ai longtemps contemplé - Elle fait l'avion - Dépression au dessus du jardin - Ça cach' quekchose – Horoscope - Intrépide malgré la fièvre - J'sors avec ma frangine - L'irréel - Légère éclaircie - Y'a un yéti - Etrange été

Tant de nuits

A Ostende, dans ce petit hôtel, les nuits me semblent une éternité. Les secondes s’égrennent interminablement. Impossible de s’enfuir. Ces nuits sont mes prisons, . Des envies de mort me prennent parfois et je pense que je tuerai la pianiste quand je la tiendrai serrée entre mes bras, pris dans une sorte de vertige de l’amour. A d’autres moments, intrépide malgré la fièvre, je délire et je pars sur les chemins de ma folie. Y’a un yéti sur des cimes himalayennes, à portée de fusil, mais tu as de la chance mystérieux animal, je t’ai manqué. Ma petite entreprise a échoué comme toujours. Tranquille, à mes côtés Madame rêve pendant que des questions bizarres me hantent. Sommes-nous toujours les petits enfants que nous fûmes autrefois ? Je préfère ne pas répondre à cette question, je préfère m’inventer des histoires, la nuit je mens, je prends des trains à travers la plaine, j’ai dans les bottes des montagnes de questions où subsiste encore ton écho …

Robert

Lundi 2 Décembre 2013

Hommage à Alain BASHUNG

Tant de nuits

Tant de nuits passées dans le secret des banquises.

Des milliards de nuits dans le frigo.

Après d’âpres hostilités, Madame rêve.

Et moi, je fume pour oublier que tu bois.

La nuit, je mens.

Mais en réalité, qui sommes nous ?

Toujours sur la ligne blanche.

Intrépide malgré la fièvre, je te regarde pour sortir de mes prisons.

Tu aimerais tant suivre mes rêves, mais il est rare que je t’y emmène…

Ce qui, chaque jour, te fait dire de moi : “ Il voyage en solitaire “

Des milliards de nuits dans le frigo.

Et puis cette dépression au-dessus du jardin.

Alors dis-moi, Joséphine, que ferons-nous de notre amour ?

Jocelyne FRALON

Lundi 4 novembre 2013

Contrainte : une carte postale représentant les Roches noires à Trouville. Une vieille maison au premier plan face à la mer, avec un ciel d'orage.

Comment, dans la maison envahie dès les premiers jours de juillet par la famille au complet, comment…

Comment trouver des repères

La cuisine est l'endroit òu tout le monde s'accorde pour me trouver à ma place : ici sans rival(e), sans compétiteur ( trice), je peux m'épanouir à souhait,

Déjà dès le matin, pour ranger le déjeuner des premiers levés et proposer aux suivants de quoi bien se restaurer, ,,

Comment tu ne veux plus de Nutella

Ah, tu ne l'as jamais aimé, ,, Je croyais, ,,

Et toi La brioche Ce n'est pas celle-là que tu voulais Rassure toi, il y a du pain frais,

Il est chaud le pain Justement, c'est cela que j'appelle du pain frais, La confiture

Il y en a, ,,

Déjà 11 heures du matin, le dernier arrive il ne veut rien manger : tant mieux

La cuisine est pour moi toute seule,

Je les entends rire, se poursuivre, crier : ça a l'air d'aller

Des cris plus stridents, une autre tonalité voilà Raphaël qui débouche, je cherche déjà l'arnica

Non, il ne fait que traverser : je ne saurai jamais ce qui s'est passé,

Le téléphone le téléphone trop tard

Je retourne à mon évier

Retéléphone, ah oui, vous arrivez

Qui Venez Venez

Comment comment dans cette maison envahie par la famille que je croyais au grand complet, comment vais-je me débrouiller ?

On y arrive toujours avec de la bonne volonté, Les oiseaux de passage ne sont pas critiques, ils sont toujours satisfaits,

Tu veux ma tablette Pourquoi

Prends la tienne

Bon je te la prête mais n'efface pas ce qui est à moi

Il est déjà parti

Tiens une proposition d'aide oui je veux bien mais pour être aidée, faudrait se préparer

Elle insiste, qu'est ce que je pourrais bien lui souhaiter ?

Pas la peine de s’inquiéter, on vient la chercher : je retourne à mes activités,

Un peu brouillonne certes, et hop ça va aller

Non je ne déplacerai pas ma voiture pour vous laisser partir au moment òu on va manger non je ne veux pas je n'ai pas préparé tout cela pour rien : allez Venez

A table A table

Comment, vous terminez votre partie

ça refroidit, la boisson chauffe, Venez

Enfin tous là : ouf

Il ne manque que Victor, qu'est-ce qu'il fait Il ne veut pas décoller de la Wii

Adrien va le chercher, comme cela, il en manque deux : ils ne reviennent pas,

Tant pis pour eux

Je suis contente, des sourires, des bons mots enfin

Après tout, ce n'est pas compliqué

Tu as une photo à me montrer

Elle est belle, notre maison, je ne l'ai jamais vue comme cela

Il faut que je sorte un peu,

04/11/2013

La maison au bord de la plage.

Comment, dans la maison envahie dès les premiers jours de juillet par la famille au complet, comment résiste t’elle à la solitude ?

Les volets sont restés ouverts, oubliés sans doute, mais les larges croisées sont refermées sur le silence.

Serait-ce pour empêcher les senteurs iodées de parfumer les recoins de la grande bâtisse ? ou peut-être pour contenir la fureur de l’orage marin à venir ?

A la voir ainsi désolée, on imagine les éclats de rire, les refrains des chansons, les cris et bousculades d’une jeunesse dorée, les baignades au clair de lune, les copains et copines qui s’incrustent, toute la vie qui l’a désertée.

Maintenant, c’est le silence de septembre, le repos, la solitude…

La vieille bâtisse a fait le plein de bonheur et de souvenirs heureux qu’elle garde bien au chaud au creux de son ventre.

En attendant, elle dort, prête à recevoir son renouveau de vie, l’année prochaine.

Eliane Even

Lundi 4 novembre 2013

Contrainte : une carte postale représentant les Roches noires à Trouville. Une vieille maison au premier plan face à la mer, avec un ciel d'orage.

Comment, dans la maison envahie dès les premiers jours de juillet par la famille au complet, comment…

Je ne trouve plus mes mots, je suis tellement choquée, bouleversée, j'ai froid, plus envie de retourner dans ma chambre et encore moins dans la chambre où Michiko, la jeune femme de mon frère Henry, est étendue, morte, tuée à coup de tisonnier !

Henri, l'avait rencontrée lors d'un voyage d'affaire au Japon. Elle s'était montrée si délicieusement asiatique que toute la famille l'avait adoptée. Comme ils n'avaient pas d'enfants ils gâtaient beaucoup leurs nombreux neveux.

Mon angoisse redouble. Comment en sommes-nous arrivés à cette horreur, dans cette maison familiale où, année après année, chacun retrouvait avec bonheur ses habitudes. L'appel de l'eau était si fort qu'à peine arrivés nous enfilions maillots de bain, bonnets, palmes et armés de fusils harpons nous sautions dans les canots pneumatiques… !

Nous aimions cette maison sévère face à la mer, pleine de chambres et de recoins propices aux jeux.

Un meurtre dans notre famille si tranquille, comment est-ce possible ?

Des années plus tard, je me souviendrais de ces moments douloureux où chacun questionnait l'autre : Aurais-tu soupçonné quelque chose, Henry avait-il changé ? Et Mishiko, si réservée, y avait-il un secret dans sa vie antérieure qui aurait pu expliquer ce qui était resté sans réponse ?

La grande cheminée dans la pièce où nous nous retrouvions le soir était restée définitivement silencieuse et froide et la maison est devenue un centre de gérontologie.

Luce Perbet

Buchelay le 14 octobre 2013

Bouts rimés

Après une nuit inquiétante, enfin vient le matin,

Les menaces obscures s’enfuient, dans des vapeurs blanches,

La campagne s’éveille. Sur les talus couverts de plantain

Point de lumière, dans le village tout est éteint,

On commence à voir des arbres, des branches,

On entend chanter des oiseaux, et siffler le vent,

Des bruits de jour les accompagnent,

Comme le chant des nonnes, au fond du couvent.

Tout montre bien que la nuit s’est enfuie ; et si, rêvant,

Tu te prépares à un nouveau jour, seul dans la vie, sans compagne,

Tu penses ce soir encore, à demain, à ton avenir.

Tu ne vas pas rester là, dans cette nature,

Tu vas partir, loin très loin : tu pourras toujours revenir,

Et plus tard, tu te répéteras des souvenirs sur-mesure.

C’est la vie qui t’appelle, écoute ton destin !

Du courage, tu en as ; la peur tu n’en as pas une once,

Tu ne vas quand même pas rester là, planté au milieu des plantains

Quand l’avenir t’appelle. Allez, quitte tes ronces,

Plus haut, plus loin, plus fort.

Il faut que tu t’élances.

Francine

Lundi 14 octobre 2013

Consigne : Décrire avec minutie un événement cocasse.

Le briseur de chaînes

Au temps de mon enfance, le dimanche soir, j’allais parfois, toujours accompagné de ma grand-mère, au cinéma de Septeuil. L’autocar faisait sa tournée de village en village et nous déposait à 21 heures devant le Foyer Rural. Au programme, un documentaire suivi des actualités, un spectacle pendant l’entracte et enfin le film tant attendu.

Un soir un incident pour le moins curieux est survenu, pendant l’entracte d’une vingtaine de minutes. Un homme s’est présenté sur scène, un homme fort, vêtu simplement d’un slip de Tarzan en peau de panthère. Il a demandé à son assistante de l’entourer d’énormes chaînes fermées ensuite par des cadenas. Les bras bloqués le long du corps, il était prisonnier et bien sûr il devait malgré tout se libérer après avoir brisé ses chaînes. Pour cela il banda sur le champ ses muscles herculéens. La sueur perlait à son front quand bientôt de l’assistance des cris retentirent, les rires fusèrent. L’homme au visage rougi par l’effort ne se rendait compte de rien. Et pourtant l’élastique fatigué de son vêtement de scène avait laissé échapper subrepticement une partie de son anatomie, un besoin d’évasion sans doute. La foule hilare lui criait : « T’en perds une ! T’en perds une ! ». L’homme prenant les cris pour des encouragements redoublait d’efforts ne se doutant pas un instant de l‘inconfort de sa situation. Cela aurait pu durer encore de longues minutes, pour la plus grande joie des enfants venus nombreux à cette séance dominicale, mais le garde champêtre du village monta sur scène pour murmurer quelques mots à l’oreille de l’intéressé lui faisant part de son infortune. L’artiste avait de la conscience professionnelle et après avoir tourné le dos à la salle il termina son numéro. Dans un ultime effort les chaînes furent brisées et le malheureux s’enfuit rapidement dans les coulisses sous les applaudissements mérités de la foule en délire.

La narration de ce souvenir d’enfance a fait dernièrement la joie de mes petits-enfants. Il faut dire que c’était quand même bien autre chose que ce que nous offre la télévision à savoir sur des écrans plats des spectacles qui ne le sont pas moins.

Robert

Lundi 25 novembre 2013

Cadavre exquis : qu’on me donne ….. pour que …..

Pour que je me régale qu’on me donne des ennuis.

Qu’on me donne des chaussures et des chemins pour que je sois toujours à l’heure.

Qu’on nous donne des musiques pour que la vie de l’atelier évolue encore plus vers la perfection.

Pour que j’aille plus loin qu’on me donne le droit de vote.

Qu’on me donne la liste des courses pour que j’aime l’oubli.

Qu’on me donne des idées pour que je retrouve mes 20 ans.

Qu’on me donne de l’air, du soleil et des étoiles pour que je connaisse les réponses existentielles.

Qu’on me donne un jeu pour que je puisse amuser la galerie.

Qu’on me donne du chocolat pour que j’aime la soupe au potiron.

Qu’on me donne l’idée de faire un beau roman pour que l’enfant sourie.

Qu’on me donne du temps pour que je puisse séduire Brad Pitt.

Qu’on me donne de l’amour pour que je puisse vivre jusqu’au soir.

Qu’on me donne le soleil pour que j’aime les nuages.

Qu’on me donne des vaches et des cochons pour que je connaisse les joies de l’amour.

Qu’on me donne la main pour que je m’y réchauffe.

Pour que je sache quoi écrire après « qu’on me donne » qu’on me donne n’importe quoi.

Pour que je puisse voir mes amis le plus longtemps possible qu’on me donne 20 ans de moins.

Qu’on me donne l’idée qui changera le monde pour que la vie soit belle.

Travail collectif

Lundi 7 octobre 2013

Consigne : L’affaire Nelly H - sous forme de coupure de presse.

Au début un premier personnage est donné : le vieux cantonnier

20 min plus tard un deuxième personnage vient s’ajouter : il était barbu, petit, ventripotent …

40 min après le début un troisième personnage surprise vient compléter l’histoire : une femme banale, en retard pour récupérer ses jumeaux à l’école.

A propos de l’affaire Nelly H

Chers lecteurs

Le vieux cantonnier du village se reposant, appuyé sur son râteau, nous a été très utile. Il semblait rêveur, ailleurs. C’est pour cela et pour rien sans doute que j’ai décidé de l’interroger.

  • Qu’avez-vous vu ? Que savez-vous de l’affaire Nelly H ?

  • Oh moi, vous savez, j’aime pas trop parler surtout pour ne rien dire. Mais là, pour ne rien dire…

  • Qu’insinuez-vous ?

  • Il se passe de drôles de choses dans les jardins publics à la tombée de la nuit. Un râteau, des feuilles, l’air de rien. Je vois tout !

  • Qu’avez-vous vu ?

  • Des choses

  • Vous en avez trop dit ou pas assez.

  • Méthode de « journaleux », je vous vois venir.

  • Je vous en prie, vous êtes un personnage important pour l’enquête et pour nos lecteurs.

  • Eh bien ! il y a des rôdeurs qui rôdent autour de mes feuilles

  • Quel genre de personnes ?

  • Des pauvres types, des sales gueules qui pourraient bien …

  • Qui pourraient quoi ?

  • Qui pourraient plaire à la police, par principe.

  • Vous avez vu quelque chose ?

  • J’ai vu et j’ai pas vu. J’ai surtout entendu une conversation. Mais vous savez à mon âge, on entend sans entendre.

  • Allez, soyez coopérant !

  • Coopérant pour quoi ? Pour la gazette des fausses nouvelles ?

  • Je vous en prie, pensez à cette pauvre Nelly H disparue depuis dix jours aujourd’hui.

  • Eh bien il y avait un type bizarre l’autre soir derrière le petit fourré. C’est là qu’il y a le plus de feuilles, je fais des tas. Il était barbu, petit, un peu ventripotent dans un costume bleu étriqué avec une cravate rouge et des chaussures noires, la quarantaine, un peu dégarni sur sa tête. Là vous en avez du détail. Je me souviens de celui là, il était au téléphone.

  • Alors ?

  • Voilà ce qui me reste, il tripotait sans arrêt sa cravate, il parlait fort : « pas de prénom, pas de prénom ! Tu préfèrerais peut-être un nom. Avec un H ou sans H. avec Sandrine, Dorothée, Capucine ou Nelly peut-être ? Pour une affaire pareille on la ferme, compris ? Rendez-vous où tu sais. » Après, il a trébuché sur mon grand tas feuilles. J’ai même cru qu’il allait se ramasser. Il est parti en boitant. Mais voilà … il est revenu … un moment après. Le parc allait fermer. Ça ferme plus tôt l’hiver. Mais alors… impossible, j’ai rêvé que je me suis dit, ce n’est pas lui. Pourtant, même démarche boitillante, de la même jambe … mais métamorphose totale. J’en ai lâché mon râteau. On aurait dit une femme banale, une mère de famille stressée, en retard pour aller chercher ses jumeaux à l’école, cheveux châtains, œil noisette, banale je vous dis ! …

Quand on est cantonnier ça marche la tête, j’observe, je scrute. Cette femme c’était lui … le type du portable en femme … c’était lui.

Il voulait passer inaperçu pour aller faire son sale boulot. Si j’avais pu le suivre, que je vous dis, mais je devais fermer le parc.

« Rendez-vous où tu sais, avec un H ou sans H, Nelly peut-être ? » Ça vous suffit pour votre canard ? Voilà ce que moi je sais. Il s’en passe des choses avec les rôdeurs autour de mes feuilles à la tombée de la nuit. D’ailleurs vous feriez bien de rentrer pour écrire toutes vos sornettes. Bonsoir !

Chers lecteurs, voici l’intégrale de cette interview.

Affaire Nelly H, affaire à suivre

Josiane Clément

Lundi 3 octobre 2013

Affaire NELLY H – Chacun des participants doit imaginer un personnage, le décrire sur un papier plié en 4 ce qui donne huit papiers mélangés. Trois de ces papiers seront tirés au sort et seront introduits dans le texte à 20 minutes d’intervalles.

  1. 1er personnage = le vieux cantonnier se reposant sur son râteau profita de ce moment de détente pour sortir son journal « LA GAZETTE » de la poche intérieure de sa veste.

Du gros titre à la une l’affaire qui faisait parler, jaser, bruire sous les foyers du village d’ordinaire si calme, couvrait le tiers de la page. Il lut donc l’article

lundi 10 novembre 2010

L’AFFAIRE NELLY H

L’enquête se poursuit. Les gendarmes des collectivités territoriales environnantes collectent les indices qui permettront de comprendre comment NELLY H décrite comme une charmante sexagénaire a pu être enfourchée dans le hangar du père LA FOUINE alors qu’elle aurait dû être comme chaque après-midi auprès de la malade, dont elle avait la charge bénévolement étant membre d’une association d’aide aux personnes âgés (A.A.P.A)

Nous espérons pouvoir vous informer des premiers résultats dans notre prochaine édition.

  1. 2eme personnage = Il était barbu, un peu ventripotent dans un costume bleu, étriqué, avec une cravate rouge et des chaussures noires, la quarantaine un peu dégarnie sur la tête.

En tournant le coin de la rue, il se trouva nez à nez avec le cantonnier qui le regarda d’un air soupçonneux. Cet olibrius n’était pas du coin. Cela n’était pas son affaire, il avait mieux à voir pour ce soir, il tourna donc les talons.

Le lendemain matin fébrile, il récupéra « LA GAZETTE » dès sa parution et découvrit l’article en page 2.

Mardi 11 novembre 2010

L’affaire NELLY H

Nouveaux rebondissements. Nous apprenons que le mari de la défunte, contacté par la mairie, est arrivé de St Pierre de TERREAUVILLE, commune jumelée avec St Jean de Compostelle, afin de reconnaître le corps officiellement.

Après un interrogatoire serré le quidam a fini par faire avouer que Nelly était connue dans sa jeunesse pour son entregent et la facilité avec laquelle elle obtenait des messieurs des avantages dont OSCAR H, son mari profitait largement quitte à la rosser s’il n’y trouvait pas son compte.

Vivement demain le dénouement de cet imbroglio.

  1. 3eme personnage= une mère de famille stressée, en retard pour aller chercher ses jumeaux à l’école. Cheveux châtain, yeux noisette, banale. Dans sa précipitation elle rentra brutalement dans l’homme qui sortait du commissariat. Elle resta pétrifiée en le regardant. Lui-même était devenu tout pâle. Ils se connaissaient et malheureusement se reconnaissaient malgré la barbe et les années. Le passé les tétanisait, les submergeait de souvenirs. Cette terne mère de famille avait été une beauté à TERREAUVILLE et Oscar était son souteneur de frère.

Nelly et elle s’étaient enfuies lasses d’avoir à supporter les coups et la méchanceté de cet homme. Elles rêvaient de commencer une vie calme et rangée dans l’anonymat mais voila que leur tortionnaire réapparaissait. Sous le sceau du secret, après avoir déposé les enfants chez la voisine elle décida d’aller faire une déposition à la gendarmerie.

Mercredi 12 novembre 2010

Résolution de l’AFFAIRE NELLY H

Après avoir été conviés à la conférence de presse que le commissaire donnait aux journalistes du département, nous sommes en mesure de vous révéler que l’étranger entendu hier dans le cadre d’une simple déposition s’avère être le mari abandonné par NELLY H. Lasse des maltraitances elle était partie avec sa belle-sœur et les économies du couple. Par cette fuite la dite NELLY espérait être oubliée par son ex.

Malheureusement cet homme ayant perdu ses gagnes pain et de ce fait plein de rancœur avait entrepris des recherches et après des années l’avait retrouvée. C’est déguisé en vagabond, qu’il épiait depuis des mois. Un après-midi, caché dans la grange devant laquelle il savait qu’elle passerait il l’avait abordée. Apres une dispute sans espoir, il avait ramassé une fourche et la lui avait plantée dans l’abdomen.

Cette maman laisse son mari postier et ses jumeaux dans la douleur. Le village rendra hommage à cette femme de cœur dimanche 16 novembre à la messe de 11 heures.

Jeanne

Lundi 30 septembre 2013

Consigne :La page blanche

Qui ? Elle est blanche. Quoi dire ? Que raconter ? Choisir quel sujet.

Il y a tellement de chose à écrire sur tout, que l’on est pris de vertige. Que choisir ?

Et puis il faut l’inspiration, le désir de bien écrire, de choisir un thème intéressant.

Ce blanc fait mal aux yeux. On s’y perd. Plus on regarde cette page blanche, plus on est angoissé.

Comment la remplir ? Avec quelle histoire ? On se triture les méninges. Cela devient pénible. Le stylo devrait courir de suite sur les lignes, mais lui aussi reste bloqué. Il est à sec.

Concentre-toi ! Penses à l’automne, aux champignons qui poussent, à la nuit qui tombe rapidement, aux fleurs qui s’étiolent dans le jardin, aux feuilles qui commencent à tomber, à la haie qui prend des tons automnales. Mais ce n’est pas le sujet : la page blanche. Quelle idée ! Pour mon retour je suis gâtée.

Bon, un petit chocolat offert pour nous aider à réfléchir, c’est une bonne idée mais je ne crois pas que cela ne suffise à me faire décoller. Bon, il est quelle heure ?

Plus que 5 heures. Tant mieux ! La délivrance arrive.

Jocelyne Sally

Lundi 30 septembre 2013

Consigne :La page blanche

Certains en ont peur…

Certains se demandent : « comment lui enlever sa virginité ? »

Si tel est ton but, alors je t’arrête, tout de suite : si elle est blanche la page, alors laisse la tranquille ; elle ne t’a rien demandé !

Si tu n’as rien à dire, et si tu es adroit de tes mains, essaie de faire des origamis, c’est rigolo, ça amusera les enfants et après vous pourrez même la colorier.

Tu penses aussi faire une cocotte en papier ou un avion qui colle, attention ! il faut souffler sur l’avant pour qu’il vole bien.

Si tu aimes dessiner, qui t’empêche de faire des croquis, de t’amuser avec des pastels, et si tu n’aimes pas laisser d’empreinte colorée laisse la blanche, ta page. Surtout ne te force pas, et ne nous forces pas non plus à te nuire dans tes efforts contraints. Mieux vaut sauver les arbres des forêts que de gâcher de belles pages blanches pour rien. Au moins prend des feuilles recyclées, même pas tout-à-fait blanches.

Pas de contraintes, pas d’obligation, ta page ne l’utilise qu’en cas de besoin absolu, pour noter un rendez-vous à ne pas oublier, une recette de cuisine alléchante, un numéro de téléphone à enregistrer, c’est vrai qu’il vaut mieux avoir toujours une page blanche sous la main et de quoi écrire.

C’est l’avantage de la société qui est passée de l’oral à l’écrit et maintenant, si tu peux suivre ceux qui sont passées de la page blanche à l’écran, tant mieux pour toi ! Tant mieux pour toi ! Tant mieux pour nous !

Si écrire est pour toi une nécessité qui te réveille la nuit, quand tu as de drôles d’idées, que tu risques de ne plus retrouver un rythme, une solution mathématique à un problème qui était mal posé, alors, chope la, tout de suite ta page blanche, tu vas affiner ton esprit, note, note bien, note vite, note complètement, pour que demain, tu ne sois pas complètement désorienté par ce gribouillis apparemment aussi dépourvu de sens pour toi que pour les autres.

L’idée est passée, rattrape la, c’est comme l’amour dans le pré, cours y vite, elle va filer.

Elles passent souvent la nuit, quand on ne les cherche pas, les idées ; elles reviennent toutes seules et repartent légèrement, laisse les se poser, et path ! Comme un chasseur de papillon, tu abats sur elles ta page blanche.

Prisonnière, l’idée se débat, et cherche encore à s’envoler ; mais je t’en prie, point n’est besoin de page blanche, si tu n’as pas la moindre idée qui passe dans ton champs de vision, fréquente plutôt les pages des autres qui ont quelque chose à te dire.

Ecoute aussi, c’est souvent dans les silences qu’il y a le plus d’éloquence.

Regarde bien aussi les interstices restés blancs dans ta page blanche = le non-dit, le non écrit a peut-être plus d’importance que ce qui est apparent.

Laisse ces espaces blancs, neutres, poreux, pour que d’autres, puissent les compléter, les interpréter, donner des sens imprévus à ce que tu avais à dire, à écrire, à communiquer. Sache bien, que rien n’est définitif.

Tu n’es pas défendeur de vérité, il y a encore du blanc sur ta page, tant mieux, ce n’est pas fini, ne noircis pas ta page blanche, laisse de la place à l’avenir.

Francine Nassor

Lundi 23 septembre 2013

Consigne : Un prénom et un métier ancien. Décrire le personnage en utilisant un maximum d’expressions évoquant une partie du corps.

Madeleine / couturière.

Madeleine était jeune et fraîche.

Certes, elle n’avait pas sa langue dans sa poche et parlait toujours à coeur ouvert.

Il n’était pas né celui qui aurait pu la mener par le bout du nez.

Face aux casse-pieds, elle avait tôt fait de montrer les dents.

Madeleine était couturière à Rouen.

Elle s’était établie dans un petit atelier situé en plein coeur de la ville et qui lui avait coûté les yeux de la tête.

Elle avait aménagé son lieu de travail avec goût et efficacité. Au milieu de la pièce trônait sa machine à coudre, une Singer qu’elle actionnait avec une pédale dont le bruit cassait parfois un peu les oreilles. Ernest, son frère menuisier, avait fabriqué des étagères sur lesquelles étaient disposées les boîtes de fils, tubinos, aiguilles, boutons, agrafes…

Chaque soir, à l’aide de son gros aimant de couturière, Madeleine ramassait les épingles tombées au sol.

Dans un angle de l’atelier, un paravent déployé permettait de réaliser les essayages en toute discrétion.

La clientèle était en majorité féminine et elle s’en réjouissait car il lui était parfois arrivé d’avoir affaire à des clients indélicats qui n’avaient pas hésité à faire les jolis coeurs et lui faire les yeux doux pour essayer d’obtenir en contrepartie une retouche ou un ourlet à l’oeil. Dans ces cas là, Madeleine mettait les pieds dans le plat, elle montrait les dents. Avec Madeleine, les profiteurs tombaient toujours sur un os car jamais la belle et jeune couturière ne perdait la tête.

Elle détestait les langues de vipères qui venaient chez elle colporter des ragots.

Des femmes dont elle pensait volontiers qu’elles étaient bêtes comme leurs pieds !

Il faut dire que Madeleine avait un coeur en or. Jamais elle ne gardait une dent contre quelqu’un et savait toujours se montrer généreuse.

Jusque tard, le soir, vous pouviez apercevoir une lumière éclairer son atelier.

Quand sa journée était terminée, qu’elle était à jour de ses commandes, elle restait encore un peu pour ravauder, repriser, rapiécer, faire du neuf avec du vieux, retourner un col de chemise, retailler un manteau dans un vieux par-dessus d’homme, juste la doublure à payer…

Elle en voyait passer des enfants mouillés jusqu’aux os et claquant des dents dans leurs pauvres guenilles.

Madeleine avait des doigts d’or.

Madeleine avait le coeur sur la main.

Alors, Madeleine offrait son travail. Madeleine aimait faire le bien…

Jocelyne Fralon

Lundi 30 septembre 2013

Consigne : Un prénom / un métier

Gabrielle la jolie couturière aux doigts de fée, était bien connue de tous.

Elle vivait avec sa mère Adélaïde qui faisait des ourlets invisibles sur les vêtements en cours.

Elle appelait sa fille « les yeux de mon cœur » à ses rares moments de tendresse, mais le plus souvent c’était des « Tu me casses les pieds », « quelle tête en l’air », « je ne sais plus sur quel pied danser ! »

« Maman », disait Gabrielle, « parlons à cœur ouvert, sans langue de bois veux-tu ? »

« Ma fille, tu te laisses mener par le bout du nez par ce garçon qui te fait les yeux doux et te fait perdre la tête. Et voilà, tu viens de couper deux manches gauches et le tissu est gâché ! »

Gabrielle serre les fesses et sa paire de ciseaux.

« Maman, ne sors pas ta langue de vipère.

Gontran m’aime, il a le cœur sur la main et n’a pas froid aux yeux. Il a un bon métier, violoneux, et n’a jamais un coup dans le nez (qu’il a joliment busqué). »

Ce cri du cœur calme Adélaïde, qui reprend l’ourlet d’une grande robe de soie couleur héliotrope, destinée à une vieille cliente fidèle, mais qui fait souvent la tête au moindre retard de livraison, pour des habits qui lui coutent quand même la peau des fesses !

Plus tard, Gabrielle et Gontran se marièrent et eurent un ravissant petit tailleur-musicien.

Luce

Lundi 30 septembre 2013

« Ce qui est élégant »

La main sur le cœur qui accompagne le salut des hommes du Maghreb.

L’adulte qui s’accroupit au niveau des enfants pour leur parler les yeux dans les yeux.

Le conducteur qui ferme votre portière de voiture.

Le vendeur qui s’avance vers vous avec le sourire.

Une carafe de rosé embuée sur un linge amidonné.

Une phrase ciselée.

Moïsette

Lundi 16 septembre 2013

« Dis moi dix mots »

Dans le cadre des « Journées du patrimoine », dix mots à insérer dans un texte : architecture – visite – vieilles pierres – attente – souvenir – bonheur – passéiste – caractéristique – musée – couleur.

Le Musée des Tortures

Ça arrivait toujours à un moment ou à un autre. Il y en avait un qui levait la tête et qui la voyait cette lame scintillante de la guillotine, tout en haut des bois de justice. Ils avaient déambulé de salle en salle, les hommes et les femmes venus pour la visite de ce château de Gand à l’architecture médiévale, devenu musée des tortures. Après une longue attente, tous ces passéistes étaient enfin récompensés et pouvaient trouver leur bonheur au milieu de ces vieilles pierres renfermant tous les objets qui avaient apporté l’horreur sous les formes les plus diverses. Ils semblaient avoir le souvenir des sinistres bourreaux aux habits couleur de sang qui menaient à bien leur effroyable mission en place publique devant une foule haineuse dont l’hystérie était une des caractéristiques.

Robert

Lundi 16 septembre 2013

Ça arrivait toujours à un moment ou à un autre. Il y en avait un qui levait la tête et qui la voyait là, trônant sur les vieilles pierres, à l’entrée du musée.

C’était une gargouille au faciès démoniaque, au sinistre museau entrouvert sur des dents acérées. Pendant les longues files d’attente, les érudits amateurs d’architecture médiévale avaient tout loisir d’observer la sinistre gorgone aux pattes griffues.

Une fois entrés dans le saint édifice, les visiteurs « s’ébaubaient » devant des toiles dites modernes aux couleurs criardes, ou d’aquarelles délavées dues à quelque pseudo Turner déprimé, caractéristiques d’un art passéiste.

Quelques uns s’arrêtaient longuement en face d’un beau marbre pour admirer les courbes avantageuses d’une déesse antique et le poli de la pierre lisse et froide attirait leurs mains autant que leur regard.

Certains s’installaient confortablement sur une banquette de velours cramoisi, devant un bouquet de roses peint à la façon de Renoir, et les pétales tombées au pied du vase de porcelaine semblaient de petits morceaux de bonheur éparpillés au gré du pinceau de l’artiste.

Mais la visite se terminait pour les amis des arts et le souvenir de l’immonde gargouille suspendue au-dessus de leur tête en faisait hésiter plus d’un.

Eliane Even

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