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Le nom de Buchelay fut en tout cas porté par une même famille jusqu’en 1259. (…) Guillaume de Buchelay est ainsi mentionné dans plusieurs chartes du début du XIIe siècle où il est qualifié de sage chevalier. Il doit ce titre aux conseils qu’il prodigua au roi Louis VI le Gros qu’il accompagna en Angleterre. Son fils, Enguerrand est également cité dans plusieurs actes du XIIe siècle. Une charte de 1167, attribuée à l’un des ses descendants, Henri de Buchelay, est plus riche d’enseignements car elle stipule que Buchelay est un domaine relevant, par le jeu des règles féodales, de Raoul de Mauvoisin, quatrième du nom et seigneur de Rosny. C’est un point fondamental car il explique l’émergence d’une entité seigneuriale. Les possessions de la famille Mauvoisin s’étendaient sur de nombreuses paroisses – Boissy, Fontenay, Jouy, Magnanville, Mousseaux, Perdreauville, Soindres… - dont la plus importante était Rosny.
Buchelay était (encore), au XIIIe siècle, un fief placé dans la
mouvance de la famille Mauvoisin et un hameau dépendant de la paroisse
de Rosny. (…) La Seigneurie de Rosny passa, en 1368, dans la succession
de Béatrix Mauvoisin (…) Buchelay demeura tout d’abord entre les mains
de Jean Mauvoisin puis échut à sa fille Marie. Elle le transmit, lors
de son mariage en 1392, à Jean de Corneuil, seigneur de Romilly, dont
les héritiers le possédaient encore en 1455 (…)
(…)
(le domaine de Buchelay) passa vers 1462 à Jean d’Hellenvilliers,
seigneur du Mesnil-Jourdain, dans l’Eure. L’une de ses héritières,
Isabelle du Mesnil-Jourdain, dame d’Apremont – fief situé dans la
paroisse de Perdreauville – le possédait en 1480 ; elle le porta par
mariage à la famille d’Amfreville qui le transmit à son tour par
alliance à la famille de Vipart. Ces différentes familles portèrent le
titre de seigneur d’Apremont et de Buchelay jusqu’en 1542.
Il
(Buchelay) fut acquis le 28 janvier 1720 par Charles Savalette. Le prix
de vente, 900.000 livres (…) témoigne de la valeur d’un domaine situé à
proximité de Paris et offrant à une noblesse de robe le loisir de
copier le mode de vie seigneurial. Charles Savalette était en effet le petit-fils d’un négociant parisien enrichi dans le commerce du vinaigre. Cette fortune avait permis à son père d’acquérir plusieurs charges anoblissantes. Doté de confortables revenus qu’il n’allait cesser d’augmenter, Charles Savalette aspirait avant tout à attacher son nom à une terre. Le domaine qu’il acquit en 1720 était à la mesure de ses premières ambitions. Il englobait Beaurepaire, Buchelay, Favrieux, Flacourt et Magnanville (…) Il acquit également, en 1731, le fief de la Madeleine (…) ainsi que le fief des Larris (…) qui furent réunis à la seigneurie de Buchelay.
(…) Il fit édifier, en 1750, le château de Magnanville, aujourd’hui maison de retraite Léopold Bellan.
Il fit refondre les cloches de l’église Saint Sébastien et les baptisa Marie-Charlotte et Geneviève. L’une d’elle sonne toujours à Buchelay
On
dénombrait 70 vignerons dans le village en 1754. En dépit d’un
équilibre économique aléatoire, ils disposaient de revenus qui les
mettaient au-dessus du seuil de dépendance. Chaque vigneron possédait
non seulement sa vigne mais aussi son matériel. La cuve, entreposée
dans le cellier, en était le signe le plus notoire. Ces outils leur
permirent de diversifier leur production en fabriquant notamment du
cidre pour leur consommation quotidienne (…) mais la vigne ne doit pas
faire oublier que 495 arpents sur les 944 que comptait Buchelay en
1785, étaient des terres labourables. La première préoccupation de la toute nouvelle commune de Buchelay fut de se pourvoir d’une mairie et d’une école. (…) Le presbytère avait certes été transformé en école durant trois ans, mais les instituteurs enseignaient depuis 1797 dans leurs propres maisons et les réunions des membres du Conseil Municipal avaient lieu au domicile des différents maires. Cette situation dura jusqu’en 1830, date à laquelle (…) le Conseil Municipal décida de louer une maison. Il était alors présidé par Monsieur Noël Desmousseaux, premier magistrat de Buchelay de 1822 à 1855, dont l’action transforma la commune (…) Le choix des élus, en 1831, se porta sur deux maisons mitoyennes situées à proximité de l’église, le long de la rue de Rosny (René Renault) (…) Une ordonnance royale, promulguée à Saint Cloud le 6 juillet 1832, autorisa la commune à acquérir les deux maisons qui furent progressivement aménagées. Une cloison en bois, d’un mètre de hauteur courant jusqu’au bureau de l’instituteur, fur élevée en 1834 dans l’unique salle de classe afin de séparer les garçons des jeunes filles, du mobilier scolaire fut acheté la même année puis le sol en terre battue fut carrelé en 1838.
(…) La mairie-école se révéla, dès 1843, trop petite et insalubre (…) Un buchelois, Isidore Lefebvre proposa, en 1853, de vendre le terrain et la maison qu’il possédait sur la place, à l’angle de la rue du Beauregard (Anatole France). L’emplacement, devant l’église, était parfait. Monsieur Dardaillon, architecte à Limay fut aussitôt chargé de dresser les plans d’un bâtiment qui puisse servir de mairie, de logement pour l’instituteur et d’école (…) Le projet demeura en suspens jusqu’à ce que Jean Adrien Mention soit appelé, en 1857, à présider les destinées communales (…) Les travaux furent mis en adjudication le 17 janvier 1858 et achevés en novembre 1861.
(…) En 1883, le Conseil Municipal, présidé par Théophile Cacheux, vota la création d’une bibliothèque scolaire.
Si la mise en place de cette politique scolaire répondait aux attentes des habitants, la municipalité savait qu’il demeurait tout aussi crucial de pouvoir satisfaire les besoins en eau de chacun (…) Jean-Baptiste Creste, maire de Buchelay de 1865 à 1871, ne renonça pas à trouver une source qui fut finalement découverte, en 1868, aux Patures, entre le village de Fontenay-Mauvoisin et le bois des Bouleaux, à environ deux kilomètres de l’église.
(…) La guerre de 1870 vint interrompre la mise en place du projet (d’aqueduc) qui fut confié, en 1872, à Monsieur Duchez, architecte mantais. La détermination du Conseil Municipal, présidé de 1871 à 1881 par Louis Jannot vint à bout des innombrables obstacles (achat des terrains ou droit de passage à une douzaine de propriétaires terriens dont certains durent être expropriés, démélés avec les élus de Fontenay-Mauvoisin qui ne donnérent leur accord aux travaux qu’en février 1876)
(…) Le 21 mai 1876, le service d’eau de Buchelay fut inauguré par le baron Robillard, maire de Magnanville. Les trois fontaines offraient de l’eau claire à tous les habitants qui demandèrent, en 1879, l’installation de trois fontaines supplémentaires dans le village.
La cloche de l’église St Sébastien, dont on voit ci-dessous deux détails, porte l’inscription suivante :
1731
J’AY ETE BENIE PAR MRE ALEXANDRE MACABEE CURE DE ROSNY ET BUCHELAY ET
NOMMEE PAR MESSIRE CHARLES PIERRE SAVALETTE, ECUYER, FILS DE MESSIRE
CHARLES SAVALET, ECUYER SEIGR DE MAGNANVILLE, BUCHELAY, FLACOURT,
FAVRIEUX, MENIL AU BOURG, LE TERTRE ST DENIS, SOINDRES EN PARTIE ET
AUTRES LIEUX ET DE DAME ANNE GENEVIEVE GILBERT DE NOZIERRE ET
VILLEMEUR, VEUVE DE HAUT ET PUISSANT SEIGR LOUIS PIERRE COMTE DE
HOUDETOT, COLONEL DU REGIMENT DARTOIS ET LIEUTENANT DE PICARDIE.
NOUS AVONS ETE REFONDUE PAR LES SOINS DE PIERRE LEFEVRE ET GILLES HARANGER MARGUILLIERS.